Mercredi 20 décembre 2006
L'autre jour, j'écoutais France Culture, pour me relaxer des calculs et des gaz à effet de serre. Et là, j'entends un mot : Géocide. Curieux, ce mot, dérangeant même, et puis est il dans le dico ?
Au retour, un petit coup d'internet, pour savoir qui était l'invité de l'émission : Michel Deguy, un poête, philosophe aussi. Il parlait du drame du génocide de la terre, du mot qu'il avait inventé il y a quelques années et qui était maintenant repris par d'autres.
Je vous livre une partie d'une conférence que vous pourrez voir sur le web. Mais, bon finalement, les math, c'est pour moi plus simple ... que ce qui suit. Enfin, le mot géocide m'a plu, il était à ma portée . La suite, beaucoup moins.
http://www.canalu.fr/canalu/chainev2/utls/programme/366/sequence_id/999298/format_id/3003/
http://www.cerimes.education.fr/index.php?page=fiches,view,272,4,7,,,,,
Mais de parricides en fratricides, de suicides en génocides, d'occide en ethnocides, l'humanité en est arrivée au géocide. Un géocide est en cours. Il ne pourra pas y en avoir plusieurs. La terre est donc " unique ". Il n'y en pas d'autre(s) - en attendant que les " planètes " d'autres " systèmes " fassent signe ou " répondent ". La terre n'est donc pas seulement une " planète ". Elle est (un) monde, et la pluralité de mondes fait son monde. Elle est une, d'une unicité qui unifie la diversité comme " la sienne ". Elle est le divers s'unifiant en se diversifiant. Elle est l'entièreté du divers, intégrale c'est-à-dire telle que chaque " partie " (découpée après coup par l'ingenium dans le tissu dit " naturel ") est intégrante, si son tout, qui n'est rien " d'à part ", n'a pas d'autre existence que cette intégration de voisinage des parties de proche en proche et de loin en loin, sur la terre comme au ciel. Il faut y aller voir, pour nous y attacher et nous l'attacher. A cette hauteur, c'est la science qui fait la longue échelle : cette vue, à laquelle nous continuons de réserver donc le nom de poétique, est montée sur - ou rendue possible par - la technique. C'est cette vue que ne purent s'empêcher de prendre les cosmonautes, qui en croyaient leurs yeux, voyant, comme le Yahwé de la Genèse, que c'était beau. Le faire voir de cette singularité terrestre est la tâche de l'art. C'est où la poésie peut s'engager. Faire voir le terrestre sous cet aspect de tous ses aspects n'est pas l'objet des sciences, qui sont, nous dit le philosophe, des ontologies régionales. Les poètes, eux - cette fois c'est l'un d'entre eux qui parle - " rassemblent la beauté de la terre " (Hölderlin). Le rassemblement des semblances terrestres (la " rassembalnce ") est inachevable, bien sûr, chacune (il faudrait dire chaque quasi-une, car c'est une fiction) étant confins des autres, moirures et disparues sous le vent de regards et les risées du vent solaire qui fait se lever la terre. Appelons poésie le soin ou art qui prend soin de cet attachement. La culture est ce qui le cultive
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